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Magazine Pianiste : 3 questions à… Françoise Noël-Marquis, directrice de l’ENMP

 

 

 

ENTRETIEN
3 QUESTIONS À… FRANÇOISE NOËL-MARQUIS, DIRECTRICE DE L’ENMP

PAR STÉPHANE FRIÉDÉRICH / SAMEDI 15 FÉVRIER 2014
 
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La directrice de l’École Normale de Musique de Paris Alfred-Cortot (ENMP) anime un lieu qui demeure résolument tourné vers le piano. Entre tradition et modernité.
 
« LE PIANO EST INSCRIT DANS L’ADN DE L’ENMP » 

 

Quelle est la part de l’enseignement du piano à l’École normale de musique ?
Le piano est inscrit dans l’ADN de l’École Normale de Musique de Paris depuis sa création par Alfred Cortot en 1919. Encore aujourd’hui, environ 45 % des quelque mille étudiants sont des pianistes. Ils représentent une 
cinquantaine de nationalités différentes et l’École compte quarante professeurs de piano. Dès la fondation de l’ENM, les classes de piano autour de Cortot sont la référence mais le développement des autres classes instrumentales, de chant, de composition, s’est fait dans la foulée avec, notamment, Jacques Thibaut pour le violon et Pablo Casals pour le violoncelle. 
Il ne faut pas oublier que Cortot était non seulement un grand concertiste, mais aussi un grand chambriste. Le Trio Thibaut-Cortot-Casals est devenu mythique. L’École a donc aussi pour vocation d’être un lieu de référence pour la musique de chambre, en particulier celle avec piano.

Quel type d’enseignement viennent chercher les étudiants ? 
L’enseignement a été fortement marqué par les conceptions pédagogiques de Cortot, même s’il ne les imposait jamais. L’école est ainsi restée fidèle à une organisation des études constituée de disciplines dites complémentaires mais essentielles (idée complètement novatrice à l’époque de Cortot mais qui a été largement adoptée depuis longtemps par les conservatoires), ainsi qu’à des programmes de concours de fin d’année (car il s’agit bien de concours) très fournis. L’une des idées fondatrices de l’ENM, à savoir l’accueil des étudiants étrangers souhaitant s’ouvrir à la culture musicale de notre pays, reste très présente dans la construction des programmes. Pour ce qui est des principes de la technique pianistique de Cortot, ils font partie d’une mémoire largement partagée et certains de nos professeurs se situent même dans une filiation directe. Pour autant, il n’y a jamais eu de systématisme dans l’observation de cette référence. 

Quelle place tient aujourd’hui la Salle Cortot dans la formation professionnalisante de l’ENM ? 
Alfred Cortot a souhaité très vite après la création de l’École pouvoir disposer d’un lieu de mise en situation professionnelle pour les élèves, y compris pour les concours, ainsi que pour y tenir des classes de maître dont il est l’inventeur du concept. Et quel lieu ! Une acoustique fabuleuse. La Salle Cortot fait aujourd’hui plus que jamais partie de la politique d’insertion professionnelle des étudiants, notamment avec les Concerts de midi et demi, dont le niveau de qualité et d’exigence ne cesse de monter, et qui sont réservés aux étudiants des niveaux les plus élevés. Elle est également utilisée à temps plein par l’École en période de concours. Toutes les éliminatoires et concours de l’ENM, qui sont publics, y ont lieu.

L’École y organise aussi quatre à cinq soirées annuelles et publiques de classes de maître. Pour le piano, elle accueille cette saison François René Duchâble et Michael Rudy. Les autres soirées sont réservées à des program-mations extérieures. Si projets de développement il y a, ils iront dans le sens d’une meilleure visibilité du piano et de la musique de chambre. Mais, pour l’heure, notre préoccupation est de réunir les financements nécessaires aux travaux de rénovation du hall d’entrée… 

Propos recueillis par Stéphane Friédérich